Roland Puippe
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Dans une précédente chronique, je relevais le manque de hiérarchisation des vins valaisans.
Qu’importe la qualité ou les différences de qualité, tous les vins de la première catégorie sont vendus sous l’appellation générique AOC. Tout au plus, quelques rares communes vitivinicoles ont fait l’effort leur permettant de bénéficier d’une appellation « grand cru » mais cette reconnaissance ne peut concerner qu’un maximum de quatre cépages.
Une récente dégustation confirme une fois de plus que la législation valaisanne est insuffisante.
Cette dégustation se déroulait à Bâle : Weinprämierung La Sélection 2009.
Pour la petite arvine, sur une dizaine de crus présentés, la plus haute note affichait 83,3 points, donc sans médaille. Des vins ternes ou frappés par une verdeur désagréable. Le cornalin ne fut pas à la fête non plus. Une seule médaille d’argent (un vin magnifique auquel je n’ai pas hésité de donner l’or) sur dix crus présentés, c’est vraiment peu, alors que les autres se situaient presque tous au-dessous de 80 points. Verdeur marquée était un défaut récurrent. Résultats analogues pour les crus de fendant et d’humagne blanche, m’a soufflé l’un des membres du jury.
Que tous les vins valaisans ne soient pas des coqs, qu’ils soient de qualité inégale, cela se conçoit aisément mais qu’il ne soit pas possible de les différencier à l’achat dénature l’image vinicole valaisanne. Quelle réflexion fera le consommateur en dégustant des vins de qualité moyenne, pour ne pas dire douteuse, portant la même appellation que les crus vantés par le marketing de l’Interprofession de la vigne et du vin du Valais, notamment en faveur des deux cépages autochtones que sont la petite arvine et le cornalin ? Je doute que le consommateur lambda garde une image d’excellence de sa dégustation. Tout le monde ne peut faire le déplacement de Fully lors de la grand’messe de la petite arvine, la prochaine les 20 et 21 novembre (Arvine en capitales), manifestation qui révèle le réel potentiel de ce cépage d’exception, lorsqu’il est cultivé et vinifié avec rigueur et passion.
Il serait donc urgent que le Valais vitivinicole élabore un règlement qui lui permette de commercialiser ses vins avec une grande transparence qualitative.
Et que l’on ne me rétorque pas qu’une hiérarchisation des vins serait trop compliquée à mettre en place, puisque les Vaudois, eux, ont réussi la gageure. D’ailleurs tous les partenaires de l’Interprofession vaudoise sont unanimes à se déclarer satisfaits du nouveau règlement qui distingue les « premiers grands crus » (5% de la production, dégustation obligatoire), les « grands crus » (30 à 35% de la production) et les AOC générales pour le reste de la production.
Puisse le Valais ne pas s’endormir sur ses lauriers !
