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20 Janvier 2021

L’introduction d’une réserve climatique de vin au point mort

Créer une réserve de vin en vue d’une année de vache maigre: la démarche n’a toujours pas abouti en Valais, pour des raisons de base légale fédérale. L’Interprofession de la Vigne et du Vin du Valais attend une solution au niveau national.

La modeste récolte de raisins 2020 sonne comme une piqûre de rappel: le Valais a urgemment besoin d’instaurer une réserve climatique. Le mécanisme consiste à garder de côté un pourcentage d’une grande récolte, hors du quota AOC autorisé, pour le réinjecter lors d’une année moins fructueuse.

Il y a un an déjà, l’IVV, l’Interprofession de la Vigne et du Vin du Valais s’était montrée favorable à cette idée, mais à l’heure actuelle, le dossier est au point mort. Ce que l’on sait, c’est que la solution ne viendra en tout cas pas au niveau cantonal. Durant l’année écoulée, des démarches ont été entreprises par l’IVV pour modifier la législation en ce sens, mais la réglementation fédérale ne le permet pas. « Il manque un cadre légal. La loi sur l’agriculture n’autorise pas les cantons à augmenter leur quota AOC », explique Frédéric Borloz, président de la fédération suisse des vignerons.

Vers une solution nationale

L’ensemble des cantons viticoles partageant les mêmes difficultés, une solution est désormais à l’étude au niveau national. Un groupe de travail piloté par Frédéric Borloz a été constitué au sein de l’Interprofession de la Vigne et du Vin Suisse. À ce stade les travaux de réflexion sont terminés et un dossier a été remis à l’OFAG, l’Office fédéral de l’agriculture. Mais ici aussi, on se trouve dans une impasse: « On espérait profiter de la politique agricole 2022 pour instaurer cette réserve climatique. Elle devait passer ces jours-ci devant les chambres fédérales, mais elle est malheureusement suspendue. Aujourd’hui, la solution, je ne l’ai pas », avoue Frédéric Borloz.

Le risque de perdre des marchés

Pendant ce temps, le milieu vitivinicole s’impatiente. Pour le président de l’IVV Yvan Aymon, il faut des réponses, et vite. Sans cette réserve climatique, les vignerons craignent de perdre des marchés au profit des vins étrangers. « Les dernières vendanges ont été les plus faibles de cette dernière décennie, si l’on fait abstraction du gel de 2017. Elles nous rappellent qu’il faut absolument un outil pour équilibrer les mises en marché d’une année à l’autre ». Un constat que partage Frédéric Borloz. Retrouvez leur avis ci-dessous.

Le président de l’IVV espère qu’un arrangement pourra être trouvé au niveau national pour le prochain millésime.

Par Estelle Daven, Journaliste RP.

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